TOUTE VIE EST UNE VIE

Toute vie est une vie Contes et légendes du Mali Diptyque par Jean-Louis Sagot-Duvauroux et Lazare Minoungou- BlonBa/Théâtre de l’Arlequin

Récits réunis et adaptés par Jean-Louis Sagot-Duvauroux et Lazare Minoungou

Une production : BlonBa / Théâtre de l’Arlequin

1 – Mangeailles
2 – La Buffle

NIN BEE NIN : TOUTE VIE EST UN VIE

En annexe un cadeau : LA CHARTE DU MANDEN

La Charte du Manden, texte fondateur du Mali classique (XIIIe siècle) commence par une affirmation d’égalité : « Toute vie est une vie, nulle vie n’a l’aînesse sur une autre vie, nulle vie ne surpasse une autre vie ».
Toute vie est une vie est le titre choisi pour un diptyque théâtral qui fait vivre la riche tradition des récits qu’on se raconte dans les villes et les villages de l’aire mandingue. Ces spectacles, dont le premier a été créé le 28 novembre 2014 au théâtre de l’Arlequin, mettent en scène une multitudes de personnages, humains et animaux, imaginaires ou historiques qui font pénétrer les spectateurs petits et grands dans l’univers de cette région du monde. La musique y tient une place importante. Même si l’expérience de la première création (Mangeailles) montre que tous les âges sont susceptibles d’être intéressés par cette forme, elle peut s’inscrire sans peine dans une proposition jeune public.
Toute vie est une vie est une production de la compagnie BlonBa/Théâtre de l’Arlequin. Habituellement, les spectacles de BlonBa viennent du Mali à l’occasion des tournées organisées chaque année en Europe. Toute vie est une vie est d’un usage plus souple puisque ses protagonistes résident en France, ce qui permet de répondre à la demande en dehors des contraintes de calendrier imposées par l’éloignement.

L’équipe de Toute vie est une vie réunit :

  • Jean-Louis Sagot-Duvauroux (textes), co-fondateur de BlonBa et directeur de son antenne française, directeur du théâtre de l’Arlequin http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Sagot-Duvauroux
  • François Ha Van, metteur-en-scène, qui a déjà travaillé avec BlonBa sur plusieurs spectacles (Plus fort que mon père, Ala tè sunogo, L’Homme aux six noms, Sakakounou) http://velo-vole.fr/equipe/francois-ha-van/
  • Lazare Minoungou, comédien, conteur https://www.youtube.com/watch?v=EsgE3WSkX2M
  • Roukiata Ouédraogo, comédienne http://www.dailymotion.com/video/xx014v_entretien-du-jour-roukiata-ouedraogo-230113_tv
  • Simon Winsé, musicien https://vimeo.com/32204547

1 – Mangeailles, contes gloutons du Sahel

Création : le 28 novembre 2014 au théâtre de l’Arlequin (Morsang-sur-Orge)
Récits traditionnels adaptés par Lazare Minoungou et Jean-Louis Sagot-Duvauroux
Metteur en scène : François Ha van, avec Lazare Minoungou et Simon Winsé

Une sorcière qui engloutit quarante enfants, une hyène amatrice de miel, un lièvre et une pintade qui tentent de se croquer l’un l’autre, une montagne dévoreuse de jeunes épousées… Mangeailles réunit deux artistes burkinabè à la présence scénique époustouflante autour de récits gloutons transmis de génération en génération. Du loup dans le Petit chaperon rouge à l’ogre du Petit Poucet, manger son prochain est un thème récurrent de ce genre littéraire. Et la version africaine de ce fantasme universel ne manque pas de croquant.
Le spectacle est composé de trois contes courts mettant en scène des animaux à la façon des fables d’Esope ou de La Fontaine (adaptation Lazare Minoungou), et d’un conte initiatique – Flani Boyi – issu de la tradition des confréries de chasseurs-donso (adaptation Jean-Louis Sagot-Duvauroux). La musique tient une place importante dans le déroulement du récit. Elle est assurée par le chanteur et multi-instrumentiste (kamalen ngoni, arc à bouche, flûte, calebasse, djembé) Simon Winsé.
Le spectacle peut être donné dans une version tout terrain : théâtre d’appartement, événements associatifs, etc.

2 – La Buffle

Création : le 29 mars 2015 au théâtre de l’Arlequin (Morsang-sur-Orge)
Récits traditionnels adaptés par Jean-Louis Sagot-Duvauroux
Metteur en scène : François Ha van
Avec Lazare Minoungou, Roukiata Ouédraogo et Simon Winsé

La Buffle propose, sous une forme théâtralisée, deux importants récits transmis de génération en génération.
Numuntènè, le premier de ces récits, est comme Flani Boyi emprunté au patrimoine littéraire des chasseurs-donso. Il met en scène les relations entre un chasseur polygame et son épouse, avec à la fin du conte un surprenant renversement des rôles entre le féminin et le masculin.
Do Kamissa (Kamissa de Do), le second récit est le début de la geste qui aboutit à la naissance et à la gloire de Soundiata Keïta, fondateur du Mali classique (XIIIe siècle). Là aussi, la confrontation entre le féminin et le masculin prend une figure étonnante. Do Kamissa, sœur du roi de Do, est stérile et de ce fait reléguée en dehors de la communauté. Humiliée, elle décide de se venger et se transforme chaque nuit en un buffle furieux et ravageur. Mais deux chasseurs, avertis par un devin, multiplient les marquent de respect, au point que la vieille femme leur livre le secret qui leur permettra de tuer le buffle maléfique, c’est-à-dire elle-même. Elle n’en meurt pas tout à fait, puisque la jeune Sogolon est son double, Sogolon qui sera la mère de Soundiata.
Ces contes et légendes ont été transmis de génération en génération, prenant chaque fois la coloration littéraire propre au récitant. Toute vie est une vie est un nouveau chaînon de cette transmission. Hommage à tous ceux, identifiés ou anonymes, qui au cours des siècles ont contribué à faire vivre ce patrimoine. Merci en particulier à Youssouf Tata Cissé, à Wa Kamissoko, à Annick Thoyer, au chasseur Mamadou Diarra et à la famille de Lazare Minoungou grâce à qui ces histoires sont venues à la connaissance des auteurs.

COMPOSEZ VOTRE EVENEMENT A LA CARTE

Toute vie est une vie est une proposition très souple qui peut prendre des configurations diverses et permettre d’intéressantes interférences entre le théâtre et la vie de la société.

Une ou deux veillées de contes

Mangeailles dure une heure, La Buffle une heure vingt. On peut imaginer de représenter les deux éléments du diptyque en une seule veillée de contes comme il s’en fait au Mali. On peut aussi les proposer en deux soirées. Chaque spectacle a sa cohérence propre.

Les deux spectacles ont été créés dans un théâtre, avec le confort technique que cela signifie. Mais ils sont conçus pour pouvoir être tout terrain. Dans des versions légèrement adaptées, ils peuvent être présentés dans une école, en appartement, à l’occasion d’un événement local ou associatif.
Divers autres types de séquences déjà testées peuvent être envisagées :

  • Une ou plusieurs représentations scolaires de Mangeailles, suivi d’une représentation tout public de La Buffle. Cette formule a l’avantage que les enfants incitent leurs parents à venir au théâtre pour voir « la suite » de la représentation scolaire. C’est un moyen efficace d’élargir le public du théâtre.
  • Une représentation de Mangeailles ou d’une partie de Mangeailles dans l’établissement scolaire accompagnée d’une ouverture sur l’histoire du Mali classique, puis une représentation scolaire au théâtre même, de nature à établir un lien entre le théâtre et la vie.
  • Des représentations de Mangeailles en appartement ou à l’occasion d’événements associatifs, suivies d’une représentation tout public de La Buffle dans le théâtre.
  • Et bien sûr à l’occasion de tous les événements qu’un tel moment de théâtre peut enrichir.

Derrière le conte, des enjeux cruciaux de l’actualité sociale

Les contes et la dramaturgie de Toute vie est une vie débouchent sur la Charte du Manden, un texte méconnu qui permet de découvrir la grandeur de l’Afrique ancienne. L’expérience montre que cette approche répond à des enjeux cruciaux. Pour tous, elle modifie l’image d’un continent souvent cru « sans histoire ». Pour les enfants et les familles qui ont une ascendance en Afrique, elle est un motif de fierté qui les aide à trouver plus facilement leur place dans l’arc en ciel de la France d’aujourd’hui. Les quelques expériences menées avec des groupes de jeunes ont été des moments de grande intensité. L’intervention de Jean-Louis Sagot-Duvauroux, auteur du texte des spectacles, mais également d’un ouvrage remarqué sur la construction identitaire des jeunes Noirs de France (On ne naît pas Noir, on le devient, Albin Michel) peut être sollicitée pour des animations précédant ou accompagnant les représentations.

BlonBa

En 16 années d’existence, la compagnie bamakoise BlonBa a produit ou coproduit dix-neuf spectacles de théâtre, dont quinze ont connu une diffusion internationale. Une cinquantaine de comédiennes et de comédiens ou danseurs ont participé à ces créations et ont pu montrer leur art au Mali bien sûr, mais aussi dans sept autres pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord. Une vingtaine de professionnels de la lumière, du son, de la vidéo, ou de l’administration de spectacle ont accompagné le montage et la diffusion de ces œuvres. Durant la saison 2012-2013, soixante-quatre représentations de quatre créations de BlonBa ont été accueillies par des institutions théâtrales maliennes, françaises et luxembourgeoises. Depuis seize ans, des dizaines de milliers de personnes ont pu applaudir en direct les artistes du Mali au Mali même et dans le monde. Cinq des créations théâtrales de BlonBa ont bénéficié de captations audiovisuelles de qualité qui ont donné lieu à des diffusions multiples sur Tv5 et d’autres chaînes francophones et africaines. Au total, ces œuvres auront porté la voix du Mali auprès de millions de spectateurs et téléspectateurs. Ce bilan fait de BlonBa un cas unique dans la vie théâtrale de l’Afrique francophone.

Pour en savoir plus en texte et en images : http://www.blonbaculture.com/pdf/textes/blonba-15-ans.pdf

Le Théâtre de l’Arlequin :

Le théâtre de l’Arlequin a été confié à l’antenne française de BlonBa par la communauté d’agglomération du Val d’Orge (Essonne). Il est le port d’attache, en Europe, de la compagnie malienne. Il propose une programmation très diverse, où l’Afrique et les cultures du monde ont une part importante. Il tente aussi des expériences originales pour élargir le public du théâtre à toutes les couches de la société et a notamment institué une tarification libre : 2€, 5€ ou 10€ au choix du spectateur. Sa direction est assurée par Jean-Louis Sagot-Duvauroux

Pour en savoir plus :

Direction :

Direction :

ANNEXE

LA CHARTE DU MANDEN

Texte adopté lors du congrès de Kurukanguga réuni en 1236 par Soundiata Keïta, souverain du Mali classique, pour établir les règles de vie commune dans ce vaste ensemble politique. Ce texte, transmis par les confréries de chasseurs donso, a été recueilli en langue mandingue par Youssouf Tata Cissé, traduction de Jean-Louis Sagot-Duvauroux.

Le Manden a été fondé sur la concorde et l’amour,
Sur la liberté et la dignité,
Sur l’entente fraternelle :
Il n’y a plus de préférence de race au Manden.
Sous notre lutte, il y avait ces buts là.
Aussi, les fils de Sanènè et Kontron donnent à l’adresse des douze parties du monde et au nom du Manden tout entier cette proclamation.
Nous disons :
Toute vie est une vie
Une vie voit le jour avant une autre, c’est vrai,
Pourtant, nulle vie n’a le droit d’aînesse sur une autre vie,
Nulle vie ne vaut mieux qu’une autre vie.
Nous disons :
Toute vie est une vie
On ne porte pas tort à une vie sans en payer le prix.
Aussi, que nul ne s’en prenne à son voisin sans raison,
Que nul ne porte tort à son prochain,
Que nul ne meurtrisse son prochain.
Nous disons :
Tous, veillez sur votre prochain
Tous, vénérez ceux qui vous ont engendrés,
Tous, éduquez au bien vos enfants,
Et que chacun protège les siens.
Nous disons
Tous, veillez sur la patrie,
Si tu entends le mot patrie, le mot pays,
Sache qu’il s’agit des humains qui les peuplent.
Car si l’humain disparaissait de toute l’étendue du pays,
Le pays, son sol même, tomberaient dans la nostalgie.
Nous disons :
La faim est mauvaise,
La servitude est mauvaise.
Il n’y a pas pire que la faim et la servitude,
Ici, dans ce monde, notre maison.
Tant que nos mains tiennent l’arc et le carquois,
Même si la sécheresse se fait sur nos cultures,
La faim ne tuera plus personne au Manden.
La guerre ne brisera plus les cités du Manden,
Pour en tirer des captifs.
Le mors n’entrera plus dans la bouche des humains,
Pour qu’ils soient mis en vente.
Personne ne sera plus battu,
A plus forte raison mis à mort
Pour le simple fait qu’il est fils d’esclave.
Nous disons :
Aujourd’hui, l’âme de la servitude est éteinte
D’un mur à l’autre du Manden.
Aujourd’hui sont bannis le pillage et la destruction,
Aujourd’hui, ces tourments cessent.
La faim est mauvaise,
Car l’affamé perd le respect de soi.
La misère est mauvaise,
Car le misérable perd son rang.
Nulle estime pour l’esclave,
En nul endroit du monde.
Ceux d’autrefois disent :
L’humain dans toute sa complexion,
Ses os et sa chair,
Sa moelle et ses nerfs,
Sa peau et ses poils,
Tout cela vit d’aliments et de boissons.
Mais ce dont vit son âme est trois :
Voir qui il veut voir,
Dire ce qu’il veut dire
Et faire ce qu’il veut faire.
Si l’un des trois manque à l’âme,
L’âme souffre,
L’âme dépérit.
Aussi, nous disons : Que chacun dispose de soi-même,
Dans le respect des interdits sacrés de la patrie,
Et que chacun soit maître de ses biens.
Tel est le serment du Manden,
A l’adresse du monde tout entier.

Jean Louis Sagot-Duvaroux est un philosophe, dramaturge et auteur du livre : On ne naît pas noir on le devient ; il a aussi écrit sur la gratuité.

Par Pape B CISSOKO sur http://www.ichrono.info

janvier 1 @ 14:15
14:15

France

Jean-Louis Sagot-Duvauroux, Lazare Minoungou

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